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LA CANNE A SUCRE connaît une crise profonde depuis
1960: en vingt ans, toutes les usines à sucre ont fermé, à
l'exception de
celle du Galion, qui continue à fabriquer du sucre pour la consommation locale
et du rhum industriel principalement pour l'exportation. Seule la production
de rhum progresse, grâce au dynamisme des producteurs qui font un effort
constant pour développer le marché. En décembre-janvier, les cannes sont
en
flèche (en fleurs) : des milliers de panaches blancs apparaissent au-dessus des
feuilles. La récolte, aujourd'hui fortement mécanisée, se fait entre février
et juin; les tiges des cannes sont alors coupées près du sol. En dehors de la
coupe, la canne à sucre réclame des soins attentifs et continus qui portent
encore des noms ancestraux: le contelassage, pour débarrasser les champs des
mauvaises herbes, le labourage et le hersage qui se faisaient autrefois à la
fourche et à la houe (mayombé), l'aménagement du sol en carreaux
bombés, le
creusement des sillons de drainage des eaux. Tous ces travaux sont effectués par
des ouvriers agricoles dont la vie a été merveilleusement contée par Joseph
Zobel dans son roman Rue Cases-Nègres, adapté au cinéma par Euzhan Palcy.
Aujourd'hui, le transport de la canne se fait par camions et tracteurs ;
ils ont remplacé le cabrouet, chariot à boeufs à deux roues et ridelles. si
les avatars de l'économie font préférer la distillation des rhums à la
production de sucre, cette tendance risque de s'intensifier avec la
décision d'autoriser certains rhums de la Martinique à porter le label A.O.C.
(Appellation d'origine Contrôlée) à partir de janvier 1996. Une dizaine de
distilleries martiniquaises peuvent ainsi se targuer d'être les seuls
producteurs de rhums au monde à arborer cette prestigieuse
distinction.
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